À toi qui ressens encore quelque chose…après être parti·e
- Annaëlle KERYER
- 2 janv.
- 2 min de lecture
Il y a ce moment, après la distance.
Après le retrait.
Après la rupture.
Quand la pression retombe.
Quand plus personne n’attend.
Quand plus personne ne te regarde en se demandant si tu vas rester.
Et là, quelque chose recommence à circuler.
Une pensée qui revient.
Un souvenir.
Un détail qui touche plus que prévu.
Et cette question :« Pourquoi est-ce que je ressens ça maintenant ? »
Pendant la relation, tout semblait trop.
Trop intense.
Trop engageant.
Trop chargé émotionnellement.
À distance, paradoxalement, l’air revient.
Et c’est souvent là que l’émotion remonte.
Ce que beaucoup décrivent comme un dégel émotionnel.
Ce n’est pas que l’amour est né après la séparation.
Il était déjà là.
Mais il n’était pas accessible dans la proximité.
Quand la relation était active,
le système interne cherchait surtout à se protéger.
Alors il gelait l’émotion,
il coupait un peu,
il mettait de la distance.
Ce dégel peut prendre des formes très concrètes :
penser souvent à l’autre,
ressentir du manque,
avoir envie de reprendre contact,
se dire « finalement, ça comptait vraiment ».
Ces ressentis sont réels.
Ils ne sont pas à minimiser.
Mais il est important de ne pas les confondre trop vite
avec une réelle disponibilité à aimer dans le lien.
Car ressentir à nouveau
n’est pas encore savoir rester
quand la proximité revient,
quand l’intensité augmente,
quand les peurs se réactivent.
Et c’est là que beaucoup de personnes se retrouvent prises dans des boucles.
Elles reviennent quand la distance apaise.
Puis repartent quand la relation redevient proche.
Sans forcément comprendre ce qui se rejoue.
Ces comportements ne disent pas toujours
un attachement évitant “de nature”.
Parfois, ils parlent d’une blessure relationnelle :
une séparation douloureuse,
un couple long dans lequel on s’est perdu,
une trahison,
un effondrement affectif non digéré.
Dans ces cas-là,
ce n’est pas l’amour qui fait peur.
C’est ce qu’il a coûté la dernière fois.
Mais qu’il s’agisse d’un attachement évitant ancien
ou d’un évitement né d’une blessure,
la question reste la même.
Quand tu reviens,
reviens-tu simplement parce que l’émotion est plus supportable à distance ?
Ou parce que tu as commencé à comprendre
ce qui te fait te fermer quand le lien devient proche ?
Car revenir sans conscience de ce mécanisme
expose à répéter le même scénario.
Et ces allers-retours fragilisent la confiance,
installent de l’insécurité,
et rendent la relation de plus en plus difficile à construire.
La vraie responsabilité n’est pas de ne jamais revenir.
Elle est de ne pas revenir sans travail intérieur.
De te demander honnêtement :
« Suis-je prêt·e à regarder ce qui me fait partir
là même où j’ai envie d’aimer ? »
Parce que ce que tu ressens
pourrait devenir de l’amour vécu,
si tu osais rester
là où ta peur te dit de partir.
Tu n’es pas incapable d’aimer.
Tu n’as juste jamais appris à rester là où ça fait peur,
ou tu as appris à ne plus y rester pour te protéger.
Et tant que la peur décide à ta place,
tu te prives peut-être
de ce que tu désires profondément:
Aimer,
et être aimé.e


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